Manifeste des 10 ans de Dédale

Manifeste des 10 ans de Dédale

Ce manifeste a été prononcé à l’occasion des 10 ans de Dédale le dimanche 2 septembre 2018 à La Verrière lors de la Faites de la Tomate.

DÉDALE

Il y a 10 ans, l’enthousiasme d’étudiant·es saint-quentinois·es de l’association Icare a fait naitre une nouvelle association : Dédale. De ces expériences associatives universitaires a émergé un désir commun de continuer à promouvoir, en toute horizontalité, des alternatives écologiques, sociales et solidaires au-delà des bancs des facultés, sur tout le territoire de St Quentin-en-Yvelines. Aujourd’hui, l’association a évolué, s’enrichissant de membres de différents horizons et nous faisons le bilan de cette première décennie. Nos joies, nos déceptions, nos succès… 
Depuis 10 ans, ce sont des actions régulières et des évènements ponctuels qui voient le jour. La co’organisation en 2015 du festival Alternatiba à la Verrière a été un de nos moments forts pour la mise en réseau qu’il a pu générer. Les ateliers d’autonomie pratique (fabrication de savons, de meubles en palettes, etc.) contribuent à l’échange local de savoir-faire. Les ateliers de rue, longtemps organisés à Trappes, ont permis de créer un lien concret avec des enfants sous l’angle de la pédagogie sociale. 10 ans de formation et de sensibilisation sur des sujets qui nous tiennent à cœur : des alter-expos, un infokiosque, de nombreuses projections-débats pour informer sur les enjeux écologiques, sur les libertés fondamentales, sur les alternatives en termes de pédagogie, les questions démocratiques etc. La création à Trappes d’une AMAP (paniers de légumes bio et locaux) a marqué un soutien aux projets agricoles de proximité, respectueux des écosystèmes et humainement solidaires.
Nous avons toujours cherché à soutenir les initiatives positives, à créer un réseau de confiance sur le territoire et à faire collectif avec toutes les bonnes volontés prêtes à s’engager pour des alternatives éthiques.

Depuis 10 ans ?

En 10 ans, des choses ont changé. L’écologie est passée d’un sujet marginal à une préoccupation majeure et nécessaire. La question du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité s’impose chaque jour dans une urgence criante. Si ces sujets sont désormais reconnus et que les habitudes de consommation changent peu à peu positivement, la réponse politique n’est, elle, toujours pas à la hauteur des enjeux. Les inégalités sociales se sont accrues, et elles vont continuer à grandir sans contre-pouvoir suffisant de la société civile, sans courage politique à plus haut niveau et sans la prise en compte effective des crises écologiques, sociales et humanitaires. Nous nous indignons également de ce mutisme insupportable face à une crise de l’exil et de l’accueil ! 
À l’échelon local, sur Saint-Quentin-en-Yvelines, nous regrettons que la bétonisation continue. Les logiques d’urbanisme qui prévalaient il y a 50 ans lors de la construction de la ville nouvelle semblent n’avoir jamais été interrogées : il faut toujours construire plus, croitre en population, continuer indéfiniment l’expansion. Le bonheur est dans le béton. Les projets d’inutilité publique, eux, ne manquent pas d’ambition politique. Que ce soit la construction du Vélodrome ou la fierté déplacée d’accueillir la Ryder Cup ce mois-ci ! Heureusement, les mobilisations peuvent également éviter des projets absurdes comme la construction d’une piste de ski couverte sur la colline de la Revanche à Élancourt. 

Nos valeurs

À Dédale, nous affirmons que c’est en conservant les dernières terres arables que Saint-Quentin-en-Yvelines sera davantage qu’une simple zone économique annexe du Grand Paris. Nous réaffirmons nos valeurs humanistes. Nous défendons les communs : notre air, nos milieux naturels, notre eau, notre espace public, etc. Nous défendons aussi le pouvoir individuel d’agir et de décider concrètement et en tout horizontalité. Comme il est urgent de faire société, nous posons notre ambition de faire AVEC les habitant·es de SQY : partir de nos besoins pour une meilleure justice sociale, développer une économie sociale et solidaire, vivre de manière soutenable et durable pour nous et nos enfants. 

Dénoncer

Dédale est attachée à la vie locale. C’est pourquoi nous regrettons amèrement la fermeture de lieux d’échanges et de culture comme le Café de la Plage à Maurepas ou la Maison de l’Environnement à Magny-les-Hameaux. Nous dénonçons le projet d’aménagement d’Élancourt, dans le quartier des IV arbres, qui passe par la destruction des jardins familiaux pour les remplacer par un commissariat « connecté ». Si certaines municipalités n’affichent qu’un discours social de façade, d’autres ont fait le pari du vivre-ensemble et nous souhaitons les remercier. C’est le cas de la ville de la Verrière. En mettant à disposition des espaces pour les associations, en accueillant avec bienveillance nos initiatives, la Verrière joue un réel rôle de facilitation. C’est précieux, MERCI !

Que faire ? 

Nous profitons de ces dix ans pour interpeler les nombreuses villes st-quentinoises et les inviter à agir positivement sur l’écologie et le social. L’agglomération est en retard et manque d’ambition face à l’urgence que nous vivons. Nos villes, nos sociétés sont face à des enjeux où il est urgent d’agir dès maintenant. De nombreuses initiatives devraient déjà être entreprises. Elles passent par l’alimentation : généraliser le bio et le local dans la restauration collective, y diminuer les protéines animales, soutenir des activités agricoles durables comme à la ferme de Buloyer à Magny-les-Hameaux. Elles passent aussi par la mobilité avec le développement des pistes cyclables, des transports en commun et la réduction des infrastructures dédiées aux voitures. Il est également temps de limiter la place de la publicité et ses nombreuses nuisances en adoptant un règlement intercommunal plus restrictif pour empêcher le développement des écrans numériques et protéger nos enfants. Bien d’autres projets pourraient voir le jour avec des Plans Climat Air Énergie Territoire (PCAET) à la hauteur de la crise écologique en cours et à venir.  

Apartisan, mais politique

Nous insistons sur notre volonté apartisane et encourageons les habitant·es à réflechir aux questions de « vie de la cité », à se réapproprier l’espace municipal, à se mobiliser pour défendre leur cadre de vie et le vivre ensemble.
Alors… à quoi ressemblera St Quentin-en-Yvelines dans 10 ans ? 
Nous souhaitons voir émerger un faisceau de villes autonomes, solidaires et résilientes avec un tissu associatif fort. Que des propositions liées à l’écologie, au social et à la solidarité soient partagées dans cette boite à outils qui nous aidera à faire société ensemble.
Au menu des prochains mois, nous pouvons déjà annoncer pour Dédale et l’association Étinsel, les prochaines Ripailles, les repas-débats sur le thème des SolidaritéS, avec un grand S, à Maurepas le 10 novembre ! L’occasion de continuer à développer du collectif dans le respect des valeurs humanistes.
L’équipe de Dédale
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